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Lundi 8 décembre 2008
Je ne sais pas ce qu'on va manger aujourd'hui, mais en tout cas on va déguster, c'est sûr !
Pour les gourmands, voici une recette très à la mode au ministère de l'Education Nationale (un peu indigeste, je le concède) :


L'ECOLE A LA SAUCE FINANCIERE
(Une recette de Xavier Darcos)


- Prenez une école,
- Enlevez 2 heures par semaine,
- Alourdissez les programmes,
- Supprimez les aides des RASED,
- Saupoudrez du soutien à ceux qui ne supportent plus l'école,
- Rajoutez une dose de culpabilité aux parents des enfants en difficulté,
- Supprimer les associations complémentaires de l'école,
- Obligez les collectivités locales à mettre en place un Service Minimum d'Accueil bancal,
- Laissez les enseignants s'enliser dans les problèmes d'organisation,
- Laissez pourrir quelque temps...
- Annoncez régulièrement que l'école va mal


C'est prêt, vous pouvez privatiser !

Par Ludo (SGD 55 - SE-UNSA) - Publié dans : local (SE-UNSA)
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Commentaires

 

A l'heure où est discutée la loi Carle, il faut lire et relire "Main basse sur l'école publique"

Pour les auteurs de cet essai paru en 2008 chez Démopolis, l'actuel gouvernement entend saper les bases de l'école publique républicaine et pousser peu à peu classes moyennes et supérieures vers le privé.

Malheureusement aussi étayé que convaincant, leur livre est plus que jamais d'une brûlante actualité.

Les auteurs se sont penchés sur la généalogie des idées gouvernementales en matière d'Education nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l'Horloge (extrême droite) qu'à l'Opus Dei.

Catholiques conservateurs et droite ultra-libérale se sont rejoints, expliquent Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, pour prôner "le chèque éducation" (aux Etats-Unis, "school voucher"): un coupon donné à l'école de son choix. L'école remet le coupon au gouvernement, qui le convertit en argent. On se doute des conséquences d'une telle mesure : appauvrissement de l'école publique, enrichissement des écoles privées les plus prisées, baisse générale du niveau des enseignants, fin de toute mixité sociale

Deux heures d'enseignement hebdomadaires supprimées dans les écoles publiques

L'ex-ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos s'est bien gardé, expliquent les auteurs, d'appliquer d'emblée une mesure si brutale. Pour affaiblir l'école publique et préparer les esprits, mieux vaut avancer masqué. Il s'agit d'abord, martèle le gouvernement, de faire des économies. Sans guère susciter de réaction, deux heures d'enseignement ont ainsi été supprimées en 2008 dans le primaire (le samedi matin). Notons que cette suppression ne s'applique pas automatiquement aux écoles privées sous contrat : certaines offrent aux élèves 26 ou 27 heures de cours pour tous, au lieu de 24 heures dans les écoles primaires publiques ( plus deux heures de soutien, mais pour certains élèves seulement).

Suppression également de 11.200 postes d'enseignants dans l'Education nationale en 2008, et 13.500 en 2009. Détail rarement souligné, mais relevé par nos auteurs (pages 69 et 78) : le gouvernement a ôté, en proportion, moins de postes dans le privé (les enseignants des écoles sous contrat sont payés par l'Etat), que dans le secteur public.

 

L'argent public s'oriente de plus en plus vers l'enseignement privé

Insidieusement, comme le montre la loi Carle, l'argent public s'oriente de plus en plus vers l'enseignement privé, en particulier catholique. Et le mouvement ne date pas d'aujourd'hui : la loi sur la décentralisation du 13 août 2004 "impose aux communes de contribuer aux frais de scolarité des élèves qui résident sur leur territoire et sont inscrits dans une école privée située sur une autre commune". Une loi impulsée par Jean-Pierre Raffarin qui aurait prononcé en juin 1994, devant des personnels d'établissement catholique de Poitou-Charentes, cette phrase ahurissante : "Je ne serai pas le complice du développement de l'enseignement public" (page 142).

Autre concession de taille à la droite de la droite: la suppression des IUFM, dénoncés depuis longtemps par celle-ci comme un nid de "pédagogistes" malfaisants.  "L'économie réalisée par une telle opération se chiffre à près de 30.000 emplois de stagiaires, le volet IUFM du budget de l'éducation nationale étant purement et simplement supprimé, puisque la formation dispensée aux élèves professeurs ne serait plus r&eacu

Commentaire n°1 posté par Main basse sur l'Ecole publique le 11/10/2009 à 18h54
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